La solitude comme bord

La solitude a un bord, et non un seuil, parce que sinon, ce ne serait pas la solitude. Car le seuil a ceci de merveilleux qu’il sépare un dedans et un dehors, en sorte qu’il reste franchissable, et que l’on peut toujours sortir, et rentrer à sa guise. (…) Mais si les autres n’ont pas de seuil d’accès, nous serons seuls à jamais. Si les moi n’ont ni porte ni fenêtre, nul ne peut sortir de la solitude. Mais pourquoi imaginer le moi comme une maison, sinon pour se protéger de l’infini ? La solitude n’a pas de seuil, elle a un bord, et c’est autrement plus grave. Pourquoi sommes-nous comme obsédés par l’image, à tous égards fatale, du bord de mer ? Parce que nous sommes condamnés à vivre au bord de la solitude. Sans savoir vivre là, sans pouvoir vivre ailleurs.

Extrait de  » le bord de la solitude « , conférence de 2009, en ligne le site des  » Conserveries Mémorielles  »

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