anonyme humanité

L’humanité dispose-t-elle d’un lieu quelconque où soit écrit simplement le nom de tous les êtres humains ?

8 réflexions sur “anonyme humanité

  1. Je suis désolé; j’essaie de clarifier mon idée.

    La destruction est une activité qui lie tous les êtres humains, puisque tout être humain vit dans une destruction de lui-même, et ce sur au moins deux plans: l’humain détruit les énergies de sa pensée en objet-mots; l’humain évolue dans un monde physique qui lui demande une destruction de l’instant pour passer à l’instant suivant.

    Le libre-arbitre conditionne la destruction de l’instant en un autre. Le langage conditionne la destruction de la pensée sans borne et arbitraire de l’homme pour la communication, à l’aide d’un langage motivé.
    Le naturel d’un être humain inscrit l’humanité dans la destruction.

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    1. Je trouve très innovant et très intéressant le sens que vous donnez au mot destruction. Mon propre usage est plus classique, mais plus littéral: j’entends par destruction un anéantissement radical. C’est en fait pour moi l’opération négative, sans reste aucun, qui codéfinit le néant et le mal. au fond, la destruction est proche du massacre: elle a peur-être encore plus une victime qu’un objet.
      C’est la raison pour laquelle je suis réticent par rapport à un usage métaphorique, su suggestif soit-il. etes vous sûr de parler de destruction, et non, par exemple, de négation?

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      1. Je n’avais pas du tout pensé le sens littéral de votre question… J’ai tout de suite fait l’amalgame écrire-inscrire.

        Concernant la destruction, j’avais regardé les définitions du terme pour mettre de côté tout sens figuré; et la seconde d’entre elles, trouvée dans le Grand Robert, m’avait frappé : Action d’altérer profondément (une substance).
        Le terme altérer m’a encore plus frappé, dans son sens étymologique de « rendre autre ». Avec une définition comme « l’action de rendre autre profondément », on dépassionne le terme en mettant de côté les notions de bien/mal.

        Qu’entendez-vous par négation ?

        Cordialement.

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        1. On détruit une chose, ou une personne, et peut-être donc toujours une personne, tandis qu’on nie une phrase. Le négatif, si contraire soit-il, demeure un jeu. Tandis que la destruction détruit tout: le jeu, les joueurs, les règles, voire le reste. C’est pourquoi j’y vois un mal, sinon le mal. Je ne crois plus, ou pas encore, qu’il puisse être bon de détruire, fût-ce du mal. Quant aux jugements moraux, je promets d’arrêter, dès qu’il n’y aura plus de massacre. D’ici là, nous devons aux victimes de juger.
          bien à vous

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  2. Je ne pense pas qu’il faille avoir peur de dire que chaque instant détruit le précédent, car la succession ne semble pas se faire nécessairement sur le mode de la négation (comment construire, même fictivement, une continuité à partir d’une succession permanente de négations ? Alors que la destruction, même si elle relève d’une vision « tragique » de l’existence, permet de penser une succession, et par là une possible continuité, de la même façon qu’un régime succède à l’autre en en tuant le souverain. Que cette destruction soit partie intégrante du binôme néant/mal, à d’autres d’en juger).

    Quant à la destruction de « l’énergie de la pensée » par « l’objet-mot », elle est plus cruelle et, je trouve, plus difficile à assumer (et surtout à argumenter, pour des raisons évidentes)… mais parler de « négation » à ce sujet ne me satisfait pas non plus, car s’il parait évident qu’y a jeu entre la pensée et le mot, leur antagonisme ne semble pas essentiel.

    Que la destruction comprenne l’altération, certes, mais la réduire à cela fait paraître le terme paraît alors trop violent pour son contenu ; pour proposer à mon tour une notion (puisqu’il faut bien que ma pensée finisse par se réduire à un « objet-mot », n’est-ce pas ?), il me semble que dans les deux cas relevés par Asclepios on peut parler de retrait.

    Je m’explique : j’entends retrait au sens où le maître se retire quand il juge son disciple digne d’acquérir son indépendance, c’est-à-dire de devenir maître à son tour.

    … Et j’illustre : chaque instant se verrait apparaître suite au « retrait » du précédent, et l’homme devrait ainsi faire face, à chaque instant, au retrait de l’instant précédent, à la disparition de ce qui vient juste d’être et n’est plus. Cependant, et c’est la raison pour laquelle je préfère parler de « retrait » plutôt que de « disparition », l’instant passé prend la position d’un guide dont il est possible de se souvenir et de tirer un enseignement. Alors, comme Asclepios, on peut voir dans le libre-arbitre la fonction « conditionnant » la succession, donc la continuité de ces instants. Qui dispose mieux de son libre-arbitre (et qui connaît mieux l’angoisse) que celui qui à chaque instant se voit retirer ses tuteurs ?
    De la même façon, la pensée se retirerait pour laisser place au mot, celui-ci gardant une trace de celle qui l’a initié, mais ne pouvant que l’altérer et prenant par là une liberté infinie et angoissée. Et le mot d’initier à son tour une idée, et de se retirer, etc.

    Je termine en m’excusant pour ce trop long commentaire et en relevant l’audace paradoxale selon laquelle la « pensée arbitraire » s’opposerait à un « langage motivé » !

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    1. Tout ceci est passionnant, et demeure à méditer.
      Deux points, en attendant.
      La destruction n’opère aucune continuité. Lorsque Lénine fait tuer le tsar, il a soin de ne pas détruire sa police politique, dont les membres vont se retrouver dans la police politique du nouveau régime, et participer à la mise en camp. C’est par tout ce que l’on conserve, et non par ce que l’on supprime, qu’il y a continuité.
      Le retrait, fort séduisant, est ici présenté comme un acte volontaire. Comment un instant pourrait-il se retirer en ce sens?

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