CINEMA DU PARADOXE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . le court du temps
30 avril 2012
Une équipe de jeunes cinéastes vient de fomenter Vélodrome
Un court métrage de 9mn, avec une histoire simple mais diablement paradoxale,
sur les mystères de l’enfance, les temps étranges de l’amnésie et de l’éternité
En voici 36 sens possibles. Vous pouvez choisir, ou en trouver d’autres…
http://www.dailymotion.com/video/xpiu7l_velodrome_shortfilms
- Tout est vain.
- Vive Sisyphe !
- Tel père tel fils.
- Le destin balbutie.
- Vélodrome d’hiver.
- Le temps est une roue.
- L’éternel est un retour.
- Toute image est carnage.
- Il n’y a pas de belle ville.
- Ecrire condamne à revivre.
- Tout pouvoir est mortifère.
- La vie dure un quart d’heure.
- Chaque maison est sans issue.
- Sans les femmes, pas d’avenir.
- Il n’est jamais l’heure de goûter.
- Les portables ont pris le pouvoir.
- Nul ne peut rien pour quiconque.
- La plus haute vitesse est immobile.
- Revivre, tel est le souhait des morts.
- Sans Dieu, tous les paris sont perdants.
- Sans la mémoire, le temps serait cyclique.
- Entre jeunes et vieux, c’est la lutte à mort.
- Les grands événements inversent le temps.
- Le temps est un enfant qui joue au tric-trac.
- L’homme et l’enfant sont la même personne.
- Les immeubles triangulaires sont diaboliques.
- Les reflets multiplient les êtres sans nécessité.
- Il y a une seule histoire pour tous les hommes.
- La mémoire de l’objet tue la mémoire du sujet.
- Une organisation secrète punit les gens moraux.
- Le téléphone est œdipien, et l’amnésie, infantile.
- Naissance, mort: toutes les portes sont définitives.
- Les deux roues ont décidé d’attaquer les humains.
- Jamais la flèche en plein vol n’arrivera jusqu’à la cible.
- Une secte d’amnésiques recrute en organisant des accidents.
- Une simple panne de machine à café peut déclencher des désastres.
Cette affirmation de l’inexistence de Dieu est en effet la seule qui soit vraiment respectueuse de la question de Dieu.
Certes les adeptes d’un Dieu unique seront d’abord choqués, mais ils comprendront vite, s’ils placent assez haut le respect dû à Dieu, qu’aucune phrase ne saurait avoir la prétention de le résumer. On ne saurait donc en parler que négativement : Dieu n’est pas matériel, pas limité, etc. Il est au-delà de l’existence : s’il est vraiment infini, il n’existe pas. C’est la voie de la théologie négative, la seule qui mène, depuis Averroès, Maïmonide et Abélard, au dialogue et à la paix des civilisations.
Du Rig-Véda au Chan, de Lao Tseu à Nagarjuna, les pensées de l’Asie peuvent l’admettre sans effort, car elles supposent une inexistence primordiale, que l’on quitte peu, et vers laquelle il faut savoir revenir. Les mythologies du chaos initial, comme les cultes de la nature, peuvent y souscrire en entendant la formule comme une diffusion maximale du divin, si voisine d’une dilution.
Paradoxalement, ce sont les athées qui ont à fournir le plus grand effort pour accepter la phrase. Car il est vite clair qu’elle ne nous débarrasse nullement de la question de Dieu. Rien de plus patent, de plus universel, et donc de plus réel que la croyance. Donc l’inexistence de Dieu ne l’empêche nullement d’exister. L’inexistence est le mode d’existence de Dieu.
Quelle est la couleur du rien? (Hommage à Malevitch)
4 janvier 2012
T e l
l e b l a n c
l e r i e n e s t r i c h e
d e t o u s l e s p o s s i b l e s .
I l p e u t ê t r e t o u t e p l a s t i c i t é .
I l f a u t l e v o i r , l e c o n c e v o i r f o i s o n n a n t
d o n c b l a n c p e u t ê t r e p a r e x c è s d e c o u l e u r s
o u t r a n s l u c i d e p a r e x c è s d e l a l u m i è r e
q u i p o r t e e n e l l e t o u t e c o u l e u r .
R i e n , e n u n m o t , c ‘ e s t t o u t
p l u s l ‘ i m p o s s i b l e ,
n o t r e f o n d
p u r
LA JOIE EST LE PLAISIR DE L’ANGOISSE (Ontologie négative 11)
1 octobre 2011
Heidegger définissait l’angoisse comme une conscience du rien. Mais la joie aussi est une conscience du rien, et la même. Car la joie est le plaisir pris à l’angoisse elle-même.
C’est cette joie entrevue qui nous permet d’oser faire à la question métaphysique la réponse impossible, celle que tout le monde évite, parce qu’elle semble aussi impensable qu’invivable : Il y a rien, plutôt que quelque chose. En fait, nous ne nous posons cette question que parce que nous savons bien qu’il n’y a rien, puisque nous sentons, malgré toutes nos précautions, malgré toutes nos prétentions, que nous ne sommes rien, ou si peu, et qu’il n’y a guère davantage autour de nous. Il ne s‘agit pas de postuler notre inexistence, mais de reconnaître qu’exister n’a jamais empêché d’inexister, et qu’aucune plénitude ne nous dispensera de notre vacuité.
Mais, pour la première fois peut-être, c’est une bonne nouvelle, puisque la philosophie du rien permet de faire de cette finitude radicale la condition la plus expresse d’un bonheur nouveau. Car si tout n’est rien, comme elle l’enseigne, c’est par le rien que nous nous entendons avec chaque chose, et que nous trouvons notre place dans le monde. Voilà comment s’explique enfin notre immense sentiment d’apaisement en ces lieux de mer, de montagne, de sacré ou de désert, où l’on ne fait jamais l’expérience que du silence, de l’absence et de la vacuité.
Mort et métaphysique
17 décembre 2010
Est métaphysique tout ce qui est sérieux quand on pense à la mort.
Le réel est en lui-même notre mort.
Le métaphysique est une expérience immédiate et complète du rien : il suffit de suspendre le monde pour se retrouver dans le réel, et saisir aussitôt que tout être est voué au néant.
(Extraits de : Jean-Paul Galibert, Invitations philosophiques à la pensée du rien, Léo Scheer, 2004).