manifeste minuscule

8 avril 2011

La philosophie a pour but l’impossible : passer de l’ignorance absolue à la certitude. Qu’est-ce qui est certain d’une chose quelconque ? Elle est puisqu’elle joue, est quelconque, change ou peut changer. Elle existe, puisque, issue d’un travail humain, elle suppose ou comporte du temps, et peut toujours, c’est-à-dire doit, cesser d’être. Elle s’imagine et se vit, puisque des mots pour la dire lui donnent un sens humain. Elle est réelle, enfin, puisque complexe, détaillée, indicible. Ainsi, ce qui est certain de n’importe quoi, quoi qu’il soit, c’est qu’il comporte du jeu, du temps, des mots, et tout le reste. C’est pourquoi l’être est jeu, le néant est temps, le monde est langage, et tout le reste est le réel. Si l’on veut, il suit de là que, quoi qu’il y ait, tout est rien, au sens où quoi que ce soit existe sans exister, puisque l’être demeure idéal, le néant destruction, le monde imaginaire et le réel absurde. Il suit aussi que l’existence est cette commune précarité qui nous allie aux choses, cette résistible fatalité qui relie les jeux du bien aux morts du mal, cette insurrection du sens dans l’infini silence.

philosophie du réel

19 septembre 2010

Lorsque le monde est comme suspendu, avec tous ses possibles, tout ce qui reste est le réel, sans fin ni cesse, tel un amoncellement absurde de détails incongrus.

Le réel est ce qui dure, et la durée, ce qu’on endure. L’absence absolue d’événement qui est le fond de tout événement. Il est ce qui se produit lorsque rien ne se produit.

Tout ce qui reste. Un fond sans fond. Un tout à jamais dépourvu de sa totalité, où tout figure sans être ni disparaître.