LA VIE AVANCE PAR TOURNANTS (Ontologie négative 7)
21 septembre 2011
La découverte, la connaissance, le changement sont des passages d’un plan de réalité à un autre. Tout ce qui arrive, au lieu de simplement passer, est un passage de cet ordre, comme dans le départ, le retour, la rencontre, la décision, l’éveil.
Tout changement réel, c’est-à-dire non compensé par un changement inverse qui l’annule, comme l’aller et le retour, est un passage d’un plan de réalité à un autre.
Prenons par exemple le tournant. Le tournant de la vie, comme celui de la route, est indissolublement spatial et temporel, car il sépare, à la fois dans l’espace et le temps, deux cadres successifs et incompatibles de perception.
Vieillir n’est pas une mutation silencieuse, ou s’il l’est, ce n’est pas vivre. Car la vie avance par tournants.
IGNORANCE ET RENCONTRE DES PLANS DE REALITE (Ontologie négative 6)
19 septembre 2011
En règle générale, les plans de réalité s’ignorent. Ils ne se rencontrent que par accident, par effort ou par hasard. C’est à dire fort souvent.
Et c’est cela, la relation au rien : les plans de réalité se négligent mutuellement au point de s’oublier, et risquent donc de se nier en cas de rencontre fâcheuse.
La vérité est-elle une rencontre intempestive de plans de réalité?
L’ignorance est-elle la relation d’irrelation, cette distance qui sépare spontanément deux plans de réalité?
Le hasard est-il la rencontre de deux plans de réalité?
Peut-on considérer l’imagination comme une prolifération de plans de réalité ?
Si l’on ne tenait compte que de leur séparation, le réel serait comme une sorte d’archipel d’îles distantes. Mais les plans de réalité, tout en s’ignorant le plus souvent, sont connexes et contigus. Leurs interactions sont constantes et semblent mystérieuses.
philosophie de la croisée
23 septembre 2010
La croisée n’est pas le croisement. Dans le croisement, chacun reste sur sa voie, les routes se croisent sans donner la possibilité de bifurquer. Dans la croisée, mon chemin permet tout à coup la saisie inopinée d’un autre chemin. L’aventure s’ouvre. Elle se referme aussitôt, le plus souvent, mais non sans prodiguer l’impression délicieuse, délictueuse et vaguement nostalgique d’une soudaine efflorescence de possibles évanouis aussitôt qu’entrevus. Tous les instant, au fond, si l’on y prenait garde seraient des croisées. Ce serait cela, au fond, le temps : le parcours, ou le passage, de croisées.