manifeste minuscule
8 avril 2011
La philosophie a pour but l’impossible : passer de l’ignorance absolue à la certitude. Qu’est-ce qui est certain d’une chose quelconque ? Elle est puisqu’elle joue, est quelconque, change ou peut changer. Elle existe, puisque, issue d’un travail humain, elle suppose ou comporte du temps, et peut toujours, c’est-à-dire doit, cesser d’être. Elle s’imagine et se vit, puisque des mots pour la dire lui donnent un sens humain. Elle est réelle, enfin, puisque complexe, détaillée, indicible. Ainsi, ce qui est certain de n’importe quoi, quoi qu’il soit, c’est qu’il comporte du jeu, du temps, des mots, et tout le reste. C’est pourquoi l’être est jeu, le néant est temps, le monde est langage, et tout le reste est le réel. Si l’on veut, il suit de là que, quoi qu’il y ait, tout est rien, au sens où quoi que ce soit existe sans exister, puisque l’être demeure idéal, le néant destruction, le monde imaginaire et le réel absurde. Il suit aussi que l’existence est cette commune précarité qui nous allie aux choses, cette résistible fatalité qui relie les jeux du bien aux morts du mal, cette insurrection du sens dans l’infini silence.
sources de la ludique
18 janvier 2011
SOURCES DE LA LUDIQUE
La ludique n’a aucune originalité. Elle invite simplement à refaire le geste éternel de la question socratique, ou du doute cartésien. Car elle ne cache pas son admiration pour ceux qui ont osé tout reprendre à zéro. Qui sait si Descartes, dans le droit fil de sa pensée, ne nous tiendrait pas aujourd’hui un discours de l’améthode ? S’il ne serait pas le premier à nous conseiller de penser en passant, de penser sans choisir et de penser pour périmer ? Si lui aussi ne nous conseillerait pas de penser à l’envers, de penser au fond et de jouer sur les règles ?
extrait de: Jean Paul Galibert, L’idée de ludique, livre numérique en consultation partielle et vente sur Publie.net:
http://www.publie.net/fr/list/auteur-11198-jean-paul-galibert/page/1/date
LE LUDICIEN
13 janvier 2011
Nous proposons au philosophe de se faire ludicien. Le mot s’impose : si physique donne physicien, ludique doit donner ludicien. Mais il a un petit air de Lucifer, un côté ludique et un côté chien. Il fait du philosophe le voisin du musicien, comme si la muse tissait le jeu des concepts au point d’obtenir un morceau de musique, une sorte de prélude. Il y a là comme un côté luciole, un petit peu lutin. C’est tout léger, et pourtant pas complètement frivole, car c’est très lumineux. On est voisin du magicien, mais en plus petit, en plus modeste ; minuscule, mais provoquant, provocateur, expérimental : on est au grain de sel, au grain de sable. On jette un dé, dont on déploie les conséquences.
extrait de: Jean Paul Galibert, L’idée de ludique, livre numérique en consultation partielle et vente sur Publie.net:
http://www.publie.net/fr/list/auteur-11198-jean-paul-galibert/page/1/date