L’algue est le jeu de forme par laquelle le rien est capable de tout, précisément parce qu’il est rien.
La découverte date de Diderot et de son paradoxe du comédien :
« Le second : A vous entendre, le grand comédien est tout et n’est rien.
Le premier : Et peut-être est-ce parce qu’il n’est rien qu’il est tout par excellence, sa forme particulière ne contrariant jamais les formes étrangères qu’il doit prendre »
Le rien est tout parce qu’il est rien, car il n’a aucune de ces formes intérieures définitives qui pourraient limiter ses métamorphoses. Diderot est donc le premier à proposer un passage de l’essence au jeu. Mais au-delà, il expose la puissance du rien, qui est le jeu même de l’algue. Au départ, un indéfini, un illimité, une absence radicale d’essence. C’est au fond l’inessentiel qui est capable de tout, et même de toutes les essences. L’idée de jeu est supérieure à l’idée d’essence, parce quelle est un branlement, un glissement des essences qui les contient une à une sans s’arrêter à aucune.
C’est donc Diderot qui ouvre la voie de la ludique, qui est exactement l’inverse de la voie métaphysique. La métaphysique est ce qui part des choses pour nous mener au rien, alors que la ludique est ce qui part du rien pour nous rendre chaque chose. Alors que la métaphysique démontre que tout est rien, la ludique en tire la conséquence inverse : si tout est rien, il faut que le rien soit tout, et c’est cela le jeu.
Extrait de Jean paul Galibert, l’idée de ludique, livre numérique, Publie.net
philosophie de l’angoisse
19 septembre 2010
L’angoisse n’a pas d’essence, elle a plutôt un trou noir, une essence négative, ou une antiessence.
L’antiessence de l’angoisse consiste à se laisser miner par l’annihilisme, ce sophisme qui nous murmure : “ Quel que soit ton problème, il cessera d’exister si tu supprimes tous les termes du problème, y compris toi même. Il n’y a plus de problème s’il n’y a plus rien.”.
L’angoisse nous taraude, comme un lent suicide du monde.