Ma philosophie est comme un dé dont voici les six faces :

Tout est un                             (c’est le principe du RIEN)

Le mal est destruction            (c’est le principe du NEANT)

L’être est utopie                     (c’est le principe de l’ETRE)

Chaque chose est imaginaire  (c’est le principe du MONDE)

Tout  est réel                          (c’est le principe du REEL)

Tout est possible                    (c’est le principe du JEU)

Ce cube se lance à propos de chaque chose comme un dé :

chaque face à son tour peut devenir  le principe de base

et chaque autre suggérer sa propre piste à la pensée.

Toutes sont des questions qui permettent d’explorer

comme autant de facettes,  les possibles d’une chose.

La métaphysique du rien est la tragédie des contradictions

entre  en haut l’être, à gauche le réel

à droite  le monde

et en bas le

néant.

Chacun est pur, entier

tel un principe unique et exclusif.

Vive est la lutte entre le bien et le mal, impitoyable,

car l’extermination oblige à l’utopie et condamne  à la guerre.

 

L’ontologie

du quelque chose

est le jeu des mutations

entre en haut, le sens, à gauche,

l’infini, à droite, la chose, et en bas,

le vide. Chacune est mille choses,

et toutes, au fond, sont l’infini

Multiplicités en mutations

Complicités en libre jeu

Sens des différences

la paix

Tout est bon

11 mai 2011

Si le mal est destruction, tout le réel est bon. Le seul mal est le néant, qui égalise toutes les choses dans un universel anéantissement. Ayons l’amour de tout. Poussons la philosophie jusqu’à l’universel, puisque la sagesse se réduirait à n’aimer que la sagesse. Elle peut, elle doit aimer aussi tout le reste, et « tout le reste », c’est très précisément le réel, dans son avantageuse immensité, comme dans la luxueuse profusion de ses aspects. Le moindre fait réel, si douloureux soit-il, est aimable, car aucun contraire ne demeure sans contraire.

Le propre le plus intime d’une chose, sa propre condition d’existence est son contraire, son contenu contrariant ou son contexte adverse, en un mot l’ennemi qui l’entretient. Exister, c’est se contredire, et tout ce qui existe est sympathique. Le néant seul est haïssable, car il détruit également les contraires qui sont les véritables conditions d’existence de la chose, et figurent en elles comme des parties fort pacifiques au fond, puisqu’ils sont toujours complices en leur contrariété, et connivents pour leur maintien mutuel.

Vivement le réel

7 mai 2011

Puisse-t-il à nouveau briller de tout son éclat. Nous aurons le courage d’endurer ses contradictions. Nous en aurons les joies et nous apprécierons ses souffrances. Nous exigeons expressément de souffrir chaque fois que le réel fait souffrir. Nous disons solennellement adieu au monde. Nous ne voulons plus être consolés.

Nous serons tristes souvent, puisque la gaîté est souvent dans la tristesse. Nous aurons peur. Nous subirons tous les inconvénients de vivre, mais nous existerons. Nous exigeons solennellement le risque d’exister.

Nous préférons crier de tous les cris humains plutôt que dormir sans fin dans l’hébétude des images. Nous ne serons pas spéculaires, nous ne serons pas spectaculaires. Nous voulons exactement ce que nous avons déjà.

manifeste minuscule

8 avril 2011

La philosophie a pour but l’impossible : passer de l’ignorance absolue à la certitude. Qu’est-ce qui est certain d’une chose quelconque ? Elle est puisqu’elle joue, est quelconque, change ou peut changer. Elle existe, puisque, issue d’un travail humain, elle suppose ou comporte du temps, et peut toujours, c’est-à-dire doit, cesser d’être. Elle s’imagine et se vit, puisque des mots pour la dire lui donnent un sens humain. Elle est réelle, enfin, puisque complexe, détaillée, indicible. Ainsi, ce qui est certain de n’importe quoi, quoi qu’il soit, c’est qu’il comporte du jeu, du temps, des mots, et tout le reste. C’est pourquoi l’être est jeu, le néant est temps, le monde est langage, et tout le reste est le réel. Si l’on veut, il suit de là que, quoi qu’il y ait, tout est rien, au sens où quoi que ce soit existe sans exister, puisque l’être demeure idéal, le néant destruction, le monde imaginaire et le réel absurde. Il suit aussi que l’existence est cette commune précarité qui nous allie aux choses, cette résistible fatalité qui relie les jeux du bien aux morts du mal, cette insurrection du sens dans l’infini silence.