Si vous n’avez pas le temps, soyez le temps !
9 février 2012
Qu’est-ce le temps, dans la réalité du vécu ? La durée de notre existence, entre une naissance et une mort, voire entre une conception et un oubli. Il n’y a donc de temps que pour et par l’homme. Le temps n’est rien sans nous. Le temps, c’est nous.
L’arbre pousse, et le chameau progresse. Mais ils n’ont pas de temps. Car ils n’ont aucun choix. Ils n’ont pas devant eux ce labyrinthe de possibles où errer sans fin. Imaginez la paix de la branche, si fondamentalement immobile. Vous pourriez lui prêter la pensée, sans lui créer aucun problème, tant l’impossibilité de son déplacement la prive de tout choix. De même le chameau, qui va vers sa pitance, et son sommeil.
Je ne puis imaginer de pensée qui serait tellement satisfaite par la simple image du lit et du repas, qu’elle ne penserait jamais à rien d’autre. C’est cela, un homme : celui qui préfère les affres de la pensée, avec souffrance et souci, au repos d’une image, parfaite et immuable. Nul ne croit se divertir, oublier, ou choisir : nul ne peut débrancher cette usine des possibles et des malheurs que nous nommons notre pensée.
Je pense tout le temps, c’est ma fatalité. Ma dignité et mon problème tiennent en un mot : Je suis tout le temps.