Cessons donc de confondre le néant avec la contradiction, qui est le jeu même de l’existence. Aucun contraire n’a jamais rien détruit, bien au contraire. C’est le contraire qui fait être. C’est lui qui crée et entretient. Robbe-Grillet expliquait son improbable réussite par l’action inlassable, le concours sans défaut, de critiques mal intentionnés : il a eu d’excellents ennemis.
Exister par la contradiction, entretenir par la critique, bâtir la cité sur une lutte à la fois respectueuse et sans faille, fonder la communauté sur le désaccord perpétuel, sans compromis ni concession, tel est l’esprit de la démocratie. Elle est bien plus qu’un beau risque à courir, puisqu’il n’y a aucune autre manière de vivre ensemble : exister, c’est coexister, faire du conflit la condition de la communauté. L’adversaire est un besoin du débat, de la pensée et de la vie. La démocratie est un jeu politique : la réalité du combat renforce la réalité de la connivence, au lieu de l’entamer.
En lisant vos articles, j’y vois toujours beaucoup de similitudes avec l’art visuel.
j’en suis ravi…
Vos textes sont très beaux. Très inspirés.
Inspirés! Le mot intimide.
peut-être faut-il
l’oser…
Merci de la visite et de m’avoir permis de découvrir ce blog si intéressant pour moi qui suis pénétrée de l’importance de la contradiction. Dès que l’on est passé du un au deux cela à commencé et toute l’alchimie est un jeu de pouvoir entre les contraires. L’homogénéisation c’est la mort ! Amitiés philosophiques.
L’amitié
c’est la condition même
de la philosophie
les contraires eux-mêmes
sont amis
Oui, je suis d’accord de l’importance de la contradiction…mais ne trouvez-vous pas qu’elle est dangereuse a point ou elle pourrait "confirmer" l’extermination de toute dissonance. En tout je suis d’accord avec le premier com…votre rhétorique est plutôt celle d’un artiste libéré du joug du rationalisme pur et dur.
Votre art m’enchante, Monsieur.
Merci pour vos bontés
je ne comprends pas "confirmer l’extermination"
j’ai l’impression qu’elle est au contraire
en première ligne de ce qui nous en défend,
comme un droit au désaccord fondé
sur la nature même des choses
La contradiction existe en dehors de nous, mais un système de valeurs veut toujours s’exposer dans une image "parfaite", harmonieuse, équilibrée et puissante. Et pour se légitimer il décrète la chasse aux contradictions…Il en fait même son principe.
Mais à quel prix? Une telle "harmonie" n’obtient-elle pas son unité par une destruction pure et simple? La valeur me semble au contraire dans la possibilité même de la contradiction, comme à l’époque d’Averroès.
Oui, je suis tout à fait d’accord avec votre vision. Prenons un système "démocratique": dans le principe, les contradictions doivent coexister (elles en sont les fondements). Mais nous rencontrons des voltes-face contre des situations jugées "antidémocratiques". Ces dernières ne peuvent-elles pas être classées dans la catégorie des contradictions ?
Ma règle, c’est de ne combattre que le néant, ce qui détruit tout.
Tout le reste, c’est le jeu de la vie, l’espace de la tolérance
Avoir le courage de ses opinions, ne pas suivre la vague.
J’ai même eu la faiblesse de réclamer
que l’on contredise
tout ce que l’on avait déjà entendu:
j’appellais cela la nonouie,
dire non au oui.
Je ne sais trop qu’en penser