Le monde n’est rien qu’une fuite dans les mots.
Le monde est le réel pris dans les formes du langage.
Le monde est ce lieu où le langage est nécessaire, et le réel facultatif.
Une chose du monde peut-être entièrement fictive, mais non entièrement réelle.
Que serait une chose sans mot, sinon une réalité sans limite ?
Rien ne borde plus les choses.
Le fond est ce qui fond, et ce dans quoi, au fond, tout fond. En sorte qu’au fond, il ne reste rien.
Toute limite joue.
Epouser le réel voue les mots à jouer sans repos.
il n’y a pas de limite réelle.
Le langage est donc le jeu des limites. Ainsi naît la chose.
(Extraits de : Jean-Paul Galibert, Invitations philosophiques à la pensée du rien, Léo Scheer, 2004).