Etrange échange: des mots contre une action. "Tu vas faire ce que je te dis". Etrange phrase, qui n’est vraie que si l’autre obéit. Mais comment puis-je le savoir à l’avance? Par quel miracle puis-je omettre d’avance sa liberté de refuser? seulement si je montre, ou suggère ma capacité implicite de sanction. Tout ordre contient un sinon menaçant. Et laisse planer des sanctions de plus en plus sévères, en cas de refus persistant. Canetti avait raison: tout pouvoir repose sur un tas de morts.
Tout pouvoir repose sur un tas de morts,,a dit canetti
Quand ça n’est pas sur la peur et l’ignorance ou pois encore un travail de sape psychologique certain.Cela s’appelle: l’emprise.
Merci
Très joli mot
l’emprise
c’est la prise de l’empire
et je ne doute pas que les pouvoirs
établis
se fondent en nous sur les peurs moites
et l’ignorance crasse
Mais avant cela, il faut bien les établir
Et peu
bien peu de pouvoirs
ont trouvé autre chose pour se fonder
pour procéder à l’accumulation primitive de leur capital de terreur
Qu’un tas de morts
précisément proportionné
à la puissance qu’ils souhaitent exercer
l’ordre règne en nous
par le souvenir
des morts
Certes . Mais il y a morts et morts…mort et mort.
Peut-être faudrait-il commencer ou (re) définir ce mot : mort
Mort cérébrale, mort physique, mort psychique, mort du cœur,
Question au philosophe.
Je ne crois pas que le pouvoir, dans son usage répressif, ait besoin de distinguer parmi ces morts.
Il peut infliger aussi bien une mort symbolique qu’une mort physique,
voire une mort accidentelle, ou même naturelle…
mais seulement parce que ce sont toutes des morts
et ce, parce qu’un pouvoir incapable de punir
aurait perdu son dernier ressort
et incapable de tuer,
son dernier recours.
En un sens donc,
toutes ces formes
de morts partielles
doivent bien
être des morts
et pourtant chacun sent
qu’aucune d’elles n’est la mort
et peut-être même que leur ensemble
n’est toujours pas la mort.
La difficulté du philosophe,
c’est qu’il ne peut
se tourner vers personne
pour lui abandonner le problème:
c’est au contraire vers lui
que beaucoup d’autres se tournent.
Comment expliquer qu’il a tant lu sur la mort,
et qu’il en sache pourtant aussi peu que personne?
Définir la mort: c’est pourtant un beau defi. Puis-je,
en vous promettant de vous répondre,
vous demander un petit délai?
Mais bien sur. Volontiers.
Au plaisir de vous lire
Yano